La photographie devient le medium de base de l’art de Neiman vers 1961/62

Fils de journaliste, témoin d’une période de bouleversement, grand voyageur par la force des choses dès son jeune âge, la place de la photographie et du reportage avait très tôt eu une grande importance dans son enfance et dans son rapport aux autres et au monde.

Il l’utilise à partir de 1962 comme medium, support de son œuvre, et développe alors à une vitesse fulgurante un art qui lui permet d’actualiser sa vision, et de combiner tout ensemble son art de la composition graphique, ses qualités de coloristes, sa curiosité pour les techniques de reproduction et ses compétences techniques, en bref de trouver les moyens d’expression de sa singularité artistique dont la sensualité et la présence charnelle ou vivante des autres est une dimension essentielle.

En 1967, Yehuda Neiman nous dit dans un entretient que les clichés photographiques et les moulages directs sont « la même chose » : des empreintes du réel partageant avec le fantasmé des frontières floues parfois, davantage encore après ses compositions. Et, il ajoute qu’il travaille avec ses photos par exemple comme avec des brosses et des pinceaux.

En 1968, il commence à utiliser des filtres prismatiques qui lui permettent de poursuivre son travail de multiplication, de dédoublement de l’image donnant au sujet photographié un aspect de « bougé », de vivante vibration, d’intensité charnelle.